Vos e-mails professionnels disent tout de vous. Leur fréquence donne une indication de votre niveau d’activité, leur mise en forme trahit votre état émotionnel, la liste des destinataires reflète votre respect de la hiérarchie, leur contenu révèle votre efficience. Vos e-mails professionnels sont ainsi une mine d’information pour mieux vous connaître.
En France, la surveillance du courriel dans l’entreprise est très encadrée (voir notre dossier l’e-mail en entreprise). C’est un peu moins le cas aux Etats-Unis, où des sociétés comme Cataphora se proposent d’analyser en détail la correspondance électronique du salarié, « pour savoir s’il travaille effectivement dans l’intérêt de la société qui l’emploie ».
C’est ce que nous relate Slate.fr, dans un édifiant article traduit de l’édition américaine du site.
A l’aide d’algorithmes, nous rapporte Slate, Cataphora se propose de déterminer « le niveau standard d’activité électronique d’un employé » puis de partir « à la recherche de ceux qui se situent au-dessus de cette norme » .
Elle identifie ainsi les employés qui :
- écrivent en majuscules (« caractéristique d’une émotion intense »)
- communiquent au delà de leur hiérarchie immédiate (« aucune logique organisationnelle »)
- passent suspicieusement du mail au téléphone par des phrases du style « appelle-moi » (entrant dans la sphère privée « potentiellement dangereuse pour l’entreprise »)
- se contredisent d’une conversation à l’autre
- forwardent des mails en demandant un avis à leurs collègues au lieu de proposer des idées ou de donner des instructions
- modifient leur CV
Menace pour les libertés ? « Oui, ça craint qu’un manager doive se servir d’un algorithme pour repérer ses employés les plus précieux. Oui, le côté Big Brother de tout ça donne à réfléchir, conclut le journaliste de Slate. Mais ces deux réflexions mises à part, la plupart (…) relève tout simplement du bon sens. »
On a eu peur.
Mettons donc les « réfléxions » à part. Tout cela n’est que du « bon sens ».
Ouf !
Source : Slate.fr, Cataphora