Spam et publicité par mail :
l'état des lois
Pour ménager l'internaute et assainir le
marché, pouvoirs publics et agences de marketing tentent d'établir
des règles.
Sous la pression des associations d'internautes et de consommateurs,
avec la bienveillance des grandes agences de publicité et de
marketing qui ont tout interêt à assainir le domaine,
une régulation de la publicité par e-mail se met progressivement
en place. D'abord sous forme de chartes et de codes de conduites,
ensuite au niveau législatif. Faisons le point.
Deux visions s'opposent pour la régulation du spam :
l'
opt-in et l'
opt-out.
L'opt-in : cette option, également
appelée "permission marketing", est la plus
respectueuse de l'internaute. Elle consiste à ne lui envoyer
des publicités ciblées que s'il y a clairement consenti.
Le choix de recevoir des messages publicitaires peut être proposé
sous forme de case à cocher, à décocher ou encore
être induit. Dans ce dernier cas, le visiteur doit être
clairement prévenu du caractère commercial et des conséquences
exactes de son inscription.
L'opt-out : opt-out signifie désinscription.
L'opt-out consacre l'existence d'un droit d'opposition a posteriori
à recevoir des courriers électroniques. A cet effet, chaque mail
publicitaire envoyé doit offrir la possibilité de
se désinscrire du fichier. Les fichiers opt-out peuvent
aussi bien être constitués de manière légale
(par exemple d'un achat d'un fichier opt-in) qu'issus d'une
collecte sauvage.
Où en est la législation ?
• En France
L'
opt-in est de rigueur pour les particuliers, l'
opt-out
pour les professionnels.
La Loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN)
publiée en juin 2004 (
consulter
le dossier du Forum des droits sur l'Internet), instaure l'
opt-in
dans son article 22 : "
Est interdite la prospection directe au
moyen d'un automate d'appel, d'un télécopieur ou d'un courrier
électronique utilisant, sous quelque forme que ce soit, les coordonnées
d'une personne physique qui n'a pas exprimé son consentement préalable
à recevoir des prospections directes par ce moyen."
Cette interdiction était, dans l'esprit de la loi, censée
protéger uniquement les particuliers et autoriser l'
opt-out
pour la prospection d'entreprise à entreprise. Problème
: derrière un e-mail d'entreprise, il y a souvent une "
personne
physique". La CNIL a donc
précisé
la loi en mars 2005 : "
des personnes physiques peuvent
être prospectées par courrier électronique à
leur adresse électronique professionnelle sans leur consentement
préalable, si le message leur est envoyé au titre de
la fonction qu’elles exercent dans l’organisme privé
ou public qui leur a attribué cette adresse".
On vous résume
ceci en clair : pour vos adresses e-mail personnelles, on doit vous
demander votre autorisation avant de vous envoyer un e-mail publicitaire.
Pour vos adresses professionnelles, cette autorisation n'est pas nécessaire
si le message publicitaire est en rapport avec votre profession. Dans
tous les cas, rappelons-le, la possibilité de vous désinscrire
du fichier d'adresses doit vous être offerte.
Le Code de la consommation (modifié le 23 août 2001)
consacre, lui, le principe de l'opt-out. Les prospecteurs commerciaux
doivent notamment arrêter de vous envoyer des courriers électroniques
non sollicités lorsque vous leur avez manifesté votre opposition et
faire en sorte que les sollicitations commerciales soient identifiables
de manière claire et non équivoque dès leur réception.
La loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 impose
toujours la déclaration auprès de la CNIL des fichiers
d'adresses e-mail et une collecte "loyale" des adresses.
Est considérée comme déloyale la collecte des
adresses dans les chats, forums, listes de diffusion, annuaires, sites
web sans que les personnes concernées n'en aient connaissance.
• En Europe
Les directives du Parlement européen et du Conseil, 2002/58/CE
du 12 juillet 2002 (
consulter
le document) et 95/46/CE du 24 octobre 1995 (
consulter
le document) affirment le principe de l'
opt-in.
Une majorité de pays de l'Union Européenne ont transposé
ces directives dans leur législation.
• Aux Etats-Unis
La moitié des Etats environ ont adopté une législation
anti-spam, qui consacre l'
opt-out et condamne la prospection
par courrier électronique avec une adresse d'expéditeur
fausse ou non valide.
Au plan fédéral, un projet de loi est en cours de discussion
devant le Congrès depuis 1999. En octobre 2002, la puissante
association américaine des sociétés de marketing
direct a indiqué qu'elle était favorable à l'encadrement
juridique du publipostage électronique à la condition
que ce soit sous le principe de l'
opt-out.
Le spam
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