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Une histoire de l’e-mail

L’e-mail a fêté ses 40 ans ! On le voyait dépassé par la messagerie instantanée, étouffé par le spam, enterré par les réseaux sociaux. A 40 ans, force est de constater que l’e-mail est toujours vaillant. Ray Tomlinson imaginait-il en cette fin d’octobre 1971 que l’arobase auquel il redonnait vie s’inscrirait sur les cartes de visite ? Réalisait-il que l’adresse électronique constituerait quelques années plus tard l’identité numérique de tout un chacun ? Certes, il existe aujourd’hui, pour certains usages, des outils mieux adaptés que l’e-mail. Mais le courrier électronique occupe toujours une place centrale dans les communications électroniques. Au fait, ne faut-il pas une adresse e-mail pour se connecter à Facebook ?

Ray Tomlinson

Ray Tomlinson

Automne 1971. Ray Tomlinson, ingénieur de la société BBN, qui est alors sous contrat avec le gouvernement américain pour le projet Arpanet (l’ancêtre de l’Internet), a mis au point 2 programmes. Le premier, SNDMSG (pour Send Message) associé à un autre logiciel baptisé READMAIL, permet à plusieurs personnes qui partagent le même ordinateur de s’y laisser des messages. Le second, CPYNET, permet de copier simultanément un fichier sur tous les ordinateurs d’ Arpanet (qui relie à l’époque 15 machines !). Une idée traverse l’esprit de Ray : pourquoi ne pas associer les 2 programmes pour échanger des messages d’un ordinateur à un autre ? Ni une ni deux, l’ingénieur aménage le programme SNDMSG/READMAIL et écrit 200 lignes de code. Il se crée 2 boîtes aux lettres électroniques sur 2 ordinateurs situés côte-à-côte et réussit à envoyer un message d’un ordinateur à un autre. Le courrier électronique est né ! On ne l’appelle pas encore e-mail mais Netmail (pour Network Mail).

Une histoire d’adresse. A l’occasion, Ray se doit de définir l’adresse électronique. Il décide de séparer l’adresse en 2 parties. D’un côté, le nom de l’utilisateur et, de l’autre, le nom de l’ordinateur sur lequel se trouve la boîte de réception.

I thought about other symbols, but @ didn’t appear in any names, so it worked.
Ray Tomlinson, à Forbes

Par quoi séparer ces 2 parties ? Le choix de Ray se porte sur l’arobase, @. Pourquoi ce signe plutôt qu’un autre ? D’abord, ce signe se trouve sur le clavier d’ordinateur de Ray Tomlinson. L’@ ne fait ensuite pas partie des noms communs ou propres (donc pas de risque de confusion) et a l’avantage en anglais de se prononcer « at », c’est-à-dire « chez » ou « à » en français (lire une histoire de l’arobase pour en savoir plus sur les origines de ce signe). La première adresse électronique de l’histoire est ainsi tomlinson@bbn-tenexa (BBN pour le nom de l’employeur de Tomlinson et tenexa pour indiquer le système d’exploitation utilisé, Tenex).

Larry Roberts

Larry Roberts

1972. En juillet, Larry Roberts, un des directeurs de la DARPA (organisme gouvernemental de tutelle d’Arpanet), écrit RD, un successeur à READMAIL, capable de classer les messages par objet ou par date et de les lire dans l’ordre de leur choix. De nombreux programmes suivront, écrits par d’autres ingénieurs : NRD, WRD (premier logiciel à combiner les fonctions d’envoi et de lecture des messages), BANANARD, HG, MAILSYS, ou XMAIL. Rapidement, les chercheurs adoptent le courrier électronique pour communiquer entre eux. En 1973, une étude révéle que le courrier électronique représente 75 % du trafic sur Arpanet.

1975. John Vittal conçoit MSG, le premier logiciel de messagerie à inclure une interface personnalisable, des fonctions d’envoi, de réponse, de renvoi et de classement des messages. MSG est considéré comme le premier logiciel de messagerie moderne. Parallèlement, la première liste de diffusion Arpanet, MsgGroup, est créée par Steve Walker. Bientôt, une liste consacrée à la science fiction, SF-Lovers, devient la liste non-officielle la plus populaire.

Elizabeth II

Elizabeth II

1976. La reine d’Angleterre, Elizabeth II, envoie un courrier électronique depuis les laboratoires du Royal Signals and Radar Establishment (RSRE) de Malvern.

1977. Fin novembre, le « RFC 733 Mail specification » normalise enfin les protocoles de courrier.

3 mai 1978. Gary Thuerk, commercial de la société informatique DEC, envoie le premier spam.

1982. Scott Fahlman, chercheur américain, donne naissance au smiley (voir une histoire des smileys).

1985. Le .com apparaît et devient le premier nom de domaine enregistré. D’autres suivent : cmu.edu, purdue.edu, rice.edu, ucla.edu, css.gov, mitre.org, .uk, etc.

1987. Un premier message est envoyé de Chine le 20 septembre.

QWERTYUIOP (soit les 10 premières lettres d’un clavier américain) ou quelque chose de similaire : voila quel fut le contenu du premier e-mail, selon Ray Tomlinson. Un mot qui ne restera pas forcément dans les annales…
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